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S’identifier à ses actions : un moteur puissant… et un frein au changement

Dernière mise à jour : il y a 16 heures

s'identifier à ses actions

Nous ne faisons pas que répéter des comportements. À force, nous finissons par nous définir à travers eux.


Travailler tard devient « je suis quelqu’un de travailleur ».

Faire du sport tous les jours devient « je suis sportif ».

Méditer chaque matin devient « je suis quelqu’un de calme ».


Ce mécanisme est naturel, utile… et pourtant souvent sous-estimé.

Car s’identifier à ses actions influence directement notre capacité à changer.


Quand les habitudes construisent une identité

Une habitude n’est pas qu’un automatisme.

C’est un signal identitaire, pour soi et pour les autres.

  • Pour soi : « c’est comme ça que je fonctionne »

  • Pour les autres : « on sait à quoi s’attendre avec moi »

Cette cohérence identitaire est rassurante. Elle stabilise la place que nous occupons dans un groupe : famille, couple, travail, cercle social.

Même des comportements peu valorisés remplissent ce rôle :

  • « le stressé du bureau »

  • « le fumeur du groupe »

  • « celle qui contrôle tout »

Ils deviennent des repères. Et un repère, le cerveau s’y accroche.


Pourquoi s’identifier à ses actions rend le changement si difficile

C’est ici que beaucoup se trompent.

Changer une habitude n’est pas un simple problème de motivation ou de discipline. C’est une remise en question identitaire.

Quand un comportement disparaît, une question surgit immédiatement :

« Si je ne fais plus ça… qui suis-je maintenant ? »

Arrêter de fumer, par exemple, ce n’est pas seulement arrêter un geste.

C’est perdre :

  • une stratégie de régulation émotionnelle

  • un rôle social

  • parfois une appartenance implicite

Tant que cette nouvelle identité n’est pas claire, le cerveau freine.Non pas par sabotage, mais par instinct de protection.

C’est pour cette raison que comprendre l’origine d’un problème ne suffit pas à le résoudre. Le blocage ne se situe pas au niveau du raisonnement, mais de la cohérence interne.


Ce qui permet un changement durable (et ce qui ne suffit pas)


1. Identifier des bénéfices vécus, pas théoriques

Le cerveau ne change pas pour une bonne intention abstraite, mais pour un gain concret et ressenti :

  • plus de souffle

  • moins de tension

  • plus de liberté

  • une image de soi plus juste


2. Clarifier ce qui s’arrête… et ce qui commence

Un changement flou crée de l’insécurité. Un changement précis crée un cadre.

Quand le cerveau sait quoi faire à la place, il coopère davantage.


3. Reconnaître la fonction cachée du comportement

Un comportement « gênant » est rarement inutile.

Il sert souvent à :

  • apaiser une émotion

  • contenir une peur

  • donner du courage

  • créer une pause mentale

Supprimer le comportement sans traiter cette fonction revient à déplacer le problème.


4. Construire consciemment une nouvelle identité

C’est l’étape la plus négligée… et la plus déterminante.

  • Comment je me définis sans ce comportement ?

  • Quelle image de moi est en train d’émerger ?

  • Qui va soutenir ce changement ?

  • Qui risque, parfois inconsciemment, de le freiner ?

Certaines résistances extérieures ne sont pas de la malveillance.

Elles rappellent simplement aux autres leurs propres renoncements.


Où l’hypnose trouve sa place

Il existe de nombreuses approches pour accompagner le changement. L’hypnose a une spécificité claire : elle agit directement sur les automatismes et la projection identitaire.

Elle permet notamment de :

  • désolidariser l’identité du comportement

  • créer une image claire de la nouvelle version de soi

  • apprendre à gérer autrement les émotions auparavant masquées

  • réduire les conflits internes liés au changement

L’objectif n’est pas de « forcer » une transformation, mais de la rendre cohérente et acceptable pour le système nerveux.


Conclusion

Changer un comportement n’est pas une lutte contre soi-même.

C’est souvent un travail de redéfinition identitaire.

La vraie question n’est pas :

« Pourquoi je n’y arrive pas ? »

Mais :

« Est-ce que l’identité que j’entretiens encore correspond à la personne que je veux devenir ? »

👉 Si vous sentez que le problème n’est pas le comportement, mais ce qu’il représente pour vous, alors il est peut-être temps de travailler autrement.

Je vous propose un premier rendez-vous pour faire le point, comprendre ce qui bloque réellement et voir si un accompagnement est pertinent pour vous.


FAQ

Pourquoi est-il si difficile de changer une habitude ?

Parce qu’une habitude est rarement isolée. Elle est liée à une identité, une régulation émotionnelle et une place sociale. Changer l’une sans ajuster les autres crée une résistance interne.

Est-ce que nos comportements définissent vraiment qui nous sommes ?

Ils ne définissent pas la personnalité, mais ils influencent fortement l’image que nous avons de nous-mêmes et celle que les autres projettent sur nous.

Peut-on changer sans perdre une partie de soi ?

Oui, à condition de travailler sur ce que le comportement apportait et sur la nouvelle identité qui émerge. Le problème n’est pas la perte, mais le vide non anticipé.

Pourquoi la volonté ne suffit-elle pas pour changer ?

La volonté agit à court terme. Les automatismes, eux, sont pilotés par le système nerveux et la cohérence identitaire. Sans alignement entre les deux, l’effort s’épuise.

L’hypnose est-elle efficace pour changer une habitude ?

Elle peut l’être lorsqu’elle est utilisée pour travailler sur les automatismes, les émotions associées et l’image de soi, et non comme une solution magique ou autoritaire.

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